Archives de avril 2008
Où vivre à Mexico DF avec trois enfants?
Certainement pas a coté de cette autoroute qui me berce depuis une semaine… Il faut prendre son courage à deux mains et, tel le Bernard l’hérmite moyen sortir de sa coquille Samsonite pour aller voir la capitale. Je choisi le Dimanche pour ne pas rester coincé dans le trafic monstre de la mégapole. Le chauffeur est relax, il fait beau, les oiseaux pourraient chanter si le bruit permanent de l’autoroute ne couvrait pas tout. 2 km plus tard c’est le monstre accident. Ceux que l’on ne voit que dans les films. j’adore. les arbres qui bordent l’autoroute lui donnent certe un charme bucolique mais ne pardonnent pas l’erreure. Ca ne semble pas troubler le chauffeur qui continue à foncer vers la ville…
Passage du col, le GPS indique 3000 metres. Il est grand temps de plonger sur DF par une des autoroutes les plus chères du pays…sortie Interlomas. Un mix de quartiers résidentiels avec des maisons colorées d’un coté et de grands immeubles de standing de l’autre. Le tout a l’air gentillement cossu, mais sans charme. Peu d’arbres pour abriter du soleil qui commence à cogner dur. Passage par la zone commerciale d’Interlomas: tout ce qu’il faut pour vivre à l’americaine, Costco,wallmart, bref le bonheur surgelé… Passage de l’autre coté de la vallée et l’on découvre La Herradura. Un petit gout d’Espagne il y a bien longtemps: ruelles étroites arborées, beaucoup de fleurs. Charmant.
Puis descente sur la ville via Bosque de las llomas jusqu’a llomas de Chapultepek. Et deja on comprend que la vie ici est encore plus à deux vitesses que l’Asie… Des maisons ENORMES, bien cachées derriere d’épais murs. Pas ma came.
Nous poursuivons jusqu’a Polanco. Désert le week end, seulement quelques familles se promenent devant les magasins de luxe… Le lycée Francais planté au milieu du quartier. Pauvres enfants! ai-je vraiment envie de les entrainer dans ce trafic délirant?
g n i a k
La salle est simple. Murs crépis, jaune fadasse. Il fait une température de chien dans cet espace clos. Pas de charme.
La hauteur des plafonds rappelle la mythomanie locale.
Et le rythme continu de mes pas. Pas d’autre bruits. Seulement la cadence de mes pas. Seul.
Putain. C’est long. 120 bpm juste en marchant. Le coeur s’emballe pour un rien. Je ne peux pas croire que ma forme soit aussi catastrophique que ca. Juste en marchant. En sueur. Maudite altitude. 2000 mètres de plus que la maison en Suisse. Le corps rechigne, tousse, tremble. M’en fout. Augmenter l’effort. La pièce reste désepérément triste et jaunasse. Mais les contours en sont moins nets. je continue de marcher sur ce tapis à la con. Histoire de comprendre pourquoi tout me fatigue ici. Augmenter la vitesse encore. Suer, augmenter, suer… le coeur monte facile. les muscles deviennent douloureux. Augmenter. Pour voir, tester les limites. les murs de la salle dansent. Peu importe. Il faut bien sortir de ce corps toute cette négativité que j’ai accumulé depuis une semaine.
Chaf,chaf,chaf mes chaussures écrasent le tapis roulant. Mon coeur bat la chamade, la sueur me coule devant les yeux, déjà 20 minutes que je cours immobile. C’est exactement ma situation. j’ai l’impression de ma débattre immobile. De jouir à me regarder patauger dans ce merdier de changement et d’adaptation encore une fois. Augmenter encore?
Non, je crois que ca suffira pour aujourd’hui et pour espérer dormir.
Eva arrive demain.
Heureusement.
Mon amour.
f r e e d o m
r e p a r t i r, originally uploaded by shanghaidragonrider.
C’est un peu l’angoisse.
Beaucoup même.
L’angoisse habituelle.
Celle qui nait dans la tête des gens, puis gentiement s’installe dans leur ventre pour finir par faire une boule. Sans que l’on s’en rende vraiment compte.
Un gros noeud. On ne sait plus bien pourquoi la grosse boule est née, mais elle est bien la.
-”Il faut faire attention”. Attention? attention a quoi?
-”Ben attention a tout…” whaaaa…Alors c’est comme ca que naissent les angoisses. Impressionnant.
Je suis otage de la peur des autres.
Pour être bien certain qu’elle devienne mienne.
Puis quand on questionne, quand on oser questionner, on reçoit encore plus de peur et d’angoisse en pleine face: des histoires horribles. des gens qu’on kidnappe, des gens que l’on drogue pour récupérer leurs organes…bref des petites perles de torture intellectuelle. Comment oses tu défier mes peurs étranger? comment oses tu douter de leur véracité. Ignorant…
Tout cela me rappelle l’article sur les singes de SDTF (ICI)
Un garçon averti en vaut deux?
un garçon angoissé en vaut zéro…
La peur est palpable.
présente.
je donne un pourboire au resto ce soir…on ne sait jamais, je ne veux pas finir avec un rein en moins….
Home sweet home
Il faut imaginer une autoroute. Pas la petite autoroute de province, la grande. Celle qui mène à la capitale: DF. Ici tout le monde appelle la capitale DF, par snobisme puisque c’est plus long a prononcer que Mexico… Une autoroute bondée. Jour et nuit. Des camions de toutes tailles, des énromes Kenworth avec les échappements fumants le long de la cabine, des bus déglingués, et des tonnes de voitures qui convergent. Une autoroute sale. Bordée d’usines aux noms prestigieux…et juste entre deux stations essence se trouve le “Del Rey” qui n’a de royal que le nom. On dirait un motel sortit d’un film des frères Cohen, on dirait “no contry for old men”… On attend le psychopathe. Mais rien ne viens seulement des voitures. Elles filent et défilent toutes vers la grande ville. Et moi je suis la. dans cet hôtel perdu. Il parait que Mexico Districto Federal c’est mieux. Ce doit être la raison du rush permanent sur l’autoroute: fuir cet endroit…ca se tient! c’est logique…un jour moi aussi j’aurai mon auto a moi, pour aller m’entasser dans les embouteillages. il faut bien avoir des rêves. pour l’instant je marche en évitant les regards, on m’a dit d’etre prudent…on m’a dit de faire attention au grand méchant loup.
C’est repartit pour un tour…
C’est seul cette fois que j’atterris au milieu des maisons dans une nouvelle ville tentaculaire. Toujours les memes espoirs, toujours la meme envie de découvrir. La classe affaire me pose mollement au milieu d’une ville sans fin. Entassement de vies vues du ciel, a perte de vue. Pas dormi dans l’avion cette fois. Le moment pour lequel j’ai dépensé tant d’énergie arrive finalement, mollement lui aussi. Une épreuve m’attendais avant de baiser le sol mexicain. Un classique parait il, un moment comme je les aime, une bonne heure de queue dans un hall surchauffé vomissant des spasmes d’étrangers aux guichets de la douane. mollement. Dans ces cas, quand on pousse des gens normalement éduqués au delà de leurs limites, leur vrai nature reprend le dessus. derriere moi un anglais rougeau sue tout ce qu’il peut et peste dans sa langue natale. Soudain sur sa gauche, un couple tente le débordement par-dela le chemin de croix délimité par de ridicules poteaux reliés entre eux. L’anglais est hors de lui. Il gesticule, et invective. Toujours dans sa langue natale que visiblement le couple ne comprend pas. Moi ca m’occupe, je n’ai que ca a faire. le couple fini par ignorer mon anglais désespéré qui ne s’en remet pas et grogne, le couple le laisse a son marasme, mollement. je les revois un peu plus loin devant nous dans la queue, dans le sac de monsieur, depasse sur le coté un exemplaire du “Monde”…comme le monde est petit. bienvenue a Mexico DF. Dans ma face.


