Mexico dans ta face

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Attitude en altitude

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Je pousse la porte pour entrer, comme on pousse les portes d’un saloon. J’essaye de garder une certaine contenance. Déambuler en habitué. Garder un style, dans cet endroit improbable.  Mais comment adopter la posture correcte quand la température et l’hygrométrie frôlent l’hystérie ? Ce qui me reste de panache s’envole, au fur et à mesure que mes yeux s’embuent. Comment peut-on humainement se réjouir d’un tel exercice voir même y survivre ? garder un minimum de maintient quand il devient presque impossible de respirer…Quel endroit angoissant! je croise le regard des habitués, avachis en tenue de circonstance. Tout cela a l’air bien normal. J’ai le coeur qui bat plus fort, la sueur perle sur mon front. S’asseoir. Temporiser. Foutue altitude. A 2500 mètres tout devient exténuant. L’arrivée au Mexique s’accompagne semble-t il invariablement d’un épuisement physique en partie lié a l’altitude. L’autre partie étant liée aux trésors de patience dont il faut faire preuve pour toute démarche administrative…

Je suis dans mon jus maintenant. Un gros se lève a coté de moi, il en a assez, et se sauve par la même porte que je viens de franchir. Il titube gauchement vers son salut. J’ai toujours eu pour code de conduite de tout essayer, et cette curiosité me pousse parfois sur des terrains bien étranges… l’air irrespirable de cet endroit ne me procure absolument aucun plaisir. Meme assis je m’essouffle, mais qu’est-il venu faire dans cette galère ?…

Abrutit par la l’humidité chaude, je divague gentiment. Putain je vais y rester! Oppression. Défilent les quelques semaines que nous venons de vivre. Notre arrivée, notre installation, nos espoirs et nos échecs quotidiens. Tout re-apprendre. Ce pays m’use.

Je me laisse glisser dans une torpeur habituelle, en continuant a respirer chaotiquement. omnibulé par les efforts de mon corps à s’adapter.

N’y tenant plus, je me leve.Doucement. la terre se dérode sous mes pieds. WOW. Je me ravise et m’assois à nouveau, histoire de m’y reprendre plus en douceur. Je suis en nage. Je me sens comme un gros loukoum bien gras qu’on aurait oublié sur la plage arrière du pick-up…Mou et dégoulinant. Je finis à grand renfort de volonté par me traîner vers la sortie. La porte semble peser beaucoup plus lourd qu’à l’entrée. La fraîcheur à l’extérieur réveille brutalement les sens…j’en lache ma serviette. A poil devant la porte qui indique “calor fuerte” (forte chaleur) je me retrouve a contempler a mes pieds, le drap blanc qui faisait office de tenue réglementaire dans ce hammam de luxe, en me demandant s’il faut vraiment que je tourne de l’oeil maintenant en essayant de ramasser ce qui me reste de dignité.  Perplexe, je rammase ma pudeur et je file laver cet affrond par une douche bien froide et salutaire qui me laisse satisfait d’avoir survécu…

Rédigé par mdtf

juillet 8, 2008 à 5:25

Publié dans M e x p a t

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