Bureaucratie
Le réveil sonne, il est quatre heures du matin. Je tâtonne. Je dois rêver. Je saute dans un jean, les yeux brouillés d’une nuit trop courte. J’avale vite un café trop chaud, rassemble quelques affaires à la hâte et saute dans un taxi. À cette heure de la journée, il ne faut pas beaucoup de temps pour quitter teca par palmas, et glisser vers l’aéroport. Le taxi n’est pas bavard. Une chance. Moi non plus. Assis inconfortablement à l’arrière de la Nissan Tsuru, équivalent mexicain de la santana chinois, je regarde défiler la ville endormie. Je n’en reviens toujours pas : je dois prendre l’avion du matin pour me rendre à Veracruz pour y signer des papiers d’importation. À l’ere d’internet, au moment où tous mes collègues me bombardent d’emails bourrés de fautes de frappe en tripotant leurs blackberry, je dois prendre l’avion pour aller physiquement signer des documents. Je me heurte violemment à une bureaucratie que je ne peux comprendre. Dale duro papi !
Check-in rapide, ici on prend l’avion comme on prend le bus. Doucement l’avion quitte le sol et frôle la ville aux aurores. Toujours cette sensation de s’acquitter de la pesanteur de cette vie réglée par des procédures et des « firmas » les signatures a obtenir comme un sésame d’un système qui s’étouffe lui même. Je suis frustré. Cette bureaucratie comme excuse a une véritable envie de ne pas travailler ou dissimuler son incompétence. L’administration me donne des « vueltas », en français ils me promènent, d’un préposé à l’autre, d’un template à un formulaire improbable. Le système est asphyxié par son propre de vomit de papier. L’avion prudemment touche le sol de la cote Est. Je rumine ma rancœur. Il fait chaud à Veracruz, le chauffeur qui est venu me chercher sue dans son taxi. On saute d’un dos d’ane à l’autre péniblement jusqu’au guichet ou un autre fonctionnaire me demande les formulaires miracles. Je signe son merdier en faisant poliment la conversation. Ne pas combattre le système au risque de se faire bouffer cru. Je serre les dents. Passage par la case banque pour que l’ogre étatique me déleste de suffisement de pesos pour étancher sa soif. Il faut bien faire vivre l’armée de fonctionnaires. Et puis rien. Personne pour me décerner une médaille de patience, ou même un encouragement : une poignée de mains et retour a l’aéroport. Re décollage, re atterrissage, re traversage de la ville. Envie de dormir, du sommeil du juste citoyen en règle qui a payé son dû aux dieux de l’appareil administratif.



Felicidades por tu blog, guey.
Le style y est enjoue, la sincerite palpable.
J’aime beaucoup.
Bienvenu dans ma taverne en tout cas. le patron te servira un tord boyaux a base de chicha, tu oublieras les meandres des bureaucraties post PRI et tout ira bien…
Patxi, chilango de coeur
Patxi
août 1, 2008 à 10:12
ben on a failli attendre, dis donc… je commencais a m’inquieter, moi! aucun signe de vie ni sur ton blog ni sur FB… mais je te retrouve… comme on t’aime. Bises a vous 5! xoxo
Call-me-Heidi
août 3, 2008 à 10:04
On s’habitue, on s’adapte
Rien qu’à ma façon de marcher je suis l’étranger, alors je ralenti le pas pour me fondre dans la foule
Saludos
Christian
Christian
août 6, 2008 à 4:15
J’aime bien cette photo.
LE
août 14, 2008 à 9:54
toujours de superbes photos, ça fait des années que je suis vos aventures, auxquelles vous donnez un ton romanesque que j’aime beaucoup.
A quand le prochain post ?
Mathilde
août 15, 2008 à 6:33
Merci a tous pour vos encouragement. Je traverse une periode difficile d’adaptation, et je voyage beaucoup trop pour avoir le temps de blogger, Chili la semaine passe et bresil la semaine prochaine… les themes et les idees ne manquent pourtant pas, et je vous promet que tres bientot tout rentrera dans l’ordre. courage a tous sur la route des vaccances…arf pauvre de moi je donnerai n’importe quoi pour une mauresque et une partie de petanque a l’ombre…
mdtf
août 15, 2008 à 8:08