Mexico dans ta face

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Archives de septembre 2008

Perte de face

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Apres quelques annees en Asie, il faut revoir ses fondamentaux. Les comportements sociaux n’ont rien à voir de ce coté du globe. Un mélange subtil d’hypocrisie americaine avec une bonne dose de Chili version telenovelas… La sensibilité est a fleur de peau, et il faut se mefier des compliments trop appuyés: suspect! Ici on ne perd pas la face. On la casse. Prudence avec l’humour au second degré ou le sarcasme, ils sont bien souvent pris au premier degré… ça oblige a des explications sans fin.

Le consommateur mexicain moyen a des gouts plutot classiques. Pas de saveurs trop exotiques ou eloigné de sa culture. Le dress code est ridiculement formel, et renseigne sur le status du porte manteau. On ne rigole pas avec le port de la cravate, meme si elle a des couleurs immondes. Elle est obligatoire. Par respect ils disent. Finalment, il s’agit du societe plutot rigide alors qu’on pourrait s’attendre a plus de liberté avec leur coté nonchalant, et plutot a la cool…

Les parvenus paradent et se la petent plus que nul part, avec tout le mauvais gout qui va avec. Finalement les seuls qui s’en sortent plutot bien sont les mariachis: icones du macho local. La photo en dis long sur ce que pense le saxophone de mes cheuveux sans gel…

Rédigé par mdtf

septembre 2, 2008 à 9:23

Publié dans M e x p a t

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Idées reçues

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Il se tient devant moi : l’attraction pour touriste en mal d’idées reçues se promène doucement. En chair et en os. Quand on a grandi au sud de la Seine, et qu’on raconte qu’on vit au Mexique, on reçoit une jolie collection de clichés. Forcement, on a grandi en bouffant des pepitos,en matant speedy gonzalez a la téloche… Ça ruine une culture. Alors en arrivant on cherche ou a bien pu passer pepito pour se rassurer ou pour oublier notre ignorance crasse. Putain, il a pris un coup de vieux Pepito. Il a dû trop se goinfrer de ces immondes gâteaux. Il se traîne dans un resto typiquement Mexiconos du sud du DF. Arroyo. Le nom sonne comme une crise de foie. L’ambiance est énorme. Ici, on est loin des guides touristiques, on est dans le traditionnel familial dominical. On sert ici jusqu’à deux mille personnes en même temps, avec des tablées gigantesques. Tout le monde est là, du grand père au petit dernier, pour célébrer un anniversaire ou la communion du cousin. C’est la grande bouffe. Le pulque coule à flot. On sert les délicieux vers (gusanitos) ou des oeufs de fourmis au rythme des mariachis moulés dans leurs pantalons à trucs brillants. Le tout amplifié a fond par une sono plus toute jeune qui casse les oreilles.

En entrant un ami local me dit : “regarde le vieux la… ” il désigne du menton mon pepito. ” depuis que je suis gamin je le vois ici, ça fait 40 ans qu’il vend des bonbons… ”

Son histoire se lit sur son visage. j’aurai envie qu’il me raconte sa vie… On pourrait croire que mon pepito est gâteux, mais il n’en est rien. Il a un business à faire tourner. Il promène ses bonbons affreusement sucrés de table en table et murmure :

” ducles! 25 pesos…” Je m’en fous de tes bonbons mon ami, je luis demande “hey joven…como te llamas? ” (hey, le jeune, comment tu t’appelles ? La question me taraude… Il est intrigué par la question et son oeil s’allume. Il répond : “Je ne me souviens plus…” avec un sourire malicieux aussi doux que ses caramels. Il fait durer le suspens…Je lui repose la question en ôtant la provocation : “sérieux! comment les gens t’appellent ?” Il sourit encore et me répond très calmement : “Si tu me donnes 25 pesos, peut être que je te dirais mon nom, et en prime je t’offre ces bonbons…”. Business is business. je lui tends un billet et je sors mon appareil. Mon pepito est aux anges, il a réussi son coup: ” au moment ou je déclenche l’appareil, il beugle ” Viva Mexico!” et puis il se sauve vers une autre table en me tournant le dos. Le sombrero voûté emporte avec lui son secret, et au fond peu importe… J’ai retrouvé pepito: il vend des caramels et se fout toujours autant de notre gueule. Vous voilà prévenus…

Rédigé par mdtf

septembre 2, 2008 à 5:45