Archives de avril 2009
Je teste pour vous: pneumonie en pleine crise de grippe porcine au Mexico DF…

Sixième étage. Hôpital,Polanco. Ni une ni deux, je me retrouve a poil, Lit blanc. La radio est pourtant claire mon grand… Tu as une méchante pneumonie. Pas de doutes… Du coup , c’est le déballage de l’artillerie lourde. Le spectre du A/N1H1 plane,les blouses blanches s’agitent.On discute la stratégie, et on administre la totale : antibios et antiviraux…Pour une fois ce fut bref, voire efficace. Sans vraiment comprendre ce qui se passe, me voilà intubé et cloué au lit. Et maintenant quoi? Je n’ai rien demandé moi….
On ne sait pas vraiment. On doit attendre. Ça ne me donne pas beaucoup de grain à moudre. L’ambiance est électrique, ma chambre est mise en quarantaine, on m’exclut. Me voilà tout seul dans le grand huit de mes peurs les plus primaires. Et c’est parti pour un tour, ça va secouer c’est sur !
Panique à Mexico. Toutes les écoles ont renvoyé leurs morveux à la maison, les lieux publics sont fermés,le DF devient ville morte. Je regarde la ville depuis mon lit. Impuissant. Le gouvernement semble prendre la chose tres au sérieux. Moi aussi, pour le coup. Putain, qu’est-ce qui va se passer?? Les premières news sont alarmantes, le journal spécial du soir titre : “gripa mortal” Je ne veux pas, mais c’est trop tard. J’y suis et je dois surmonter une angoisse impressionnante, et me taper celle des autres…
Alors, on pense à la mort. On a envie de pleurer. On se dit que c’est trop injuste. Mais personne ne peut se satisfaire de ça. Heureusement, l’homme moderne a inventé la télévision, et je l’avoue bien volontiers j’ai essayé, de me suicider à la telenovelas. Ça fait passer le temps…éviter de trop gamberger. Que faire d’autre? repasser sa vie? se demander ce qu’on aurait pu faire autrement? On n’est pas dans une comédie américaine, on est dans la réalité.
Heureusement, le téléphone sonne et je reçois des encouragements. J’y suis très sensible, encore envie de pleurer. Rassurer, profiter de ces contacts. Et mes enfants? Ma femme gère comme elle peut la pauvre. Elle est toujours avec moi, toujours. On se sent horriblement coupable alors que paradoxalement on n’a rien fait…Pour les contrôles freak modernes, être laissé sans absolument aucun contrôle sur la situation est la punition ultime. On doit s’y soumettre, et enfin, la perspective et les priorités dans la vie changent. Je pense à mes parents encore plus impuissants de l’autre coté de l’atlantique, à mes frères… Je vous aime tous si fort.
Déjà trois jours que je suis ici. Mon corps me fait mal. Je suis fatigué. Il paraît que je rentre demain à la maison…
Dans la jungle de Veracruz

Voyager jusqu’a l’état de Veracruz, s’enfoncer délibérement dans une jungle tropicale. Un autre reve de gosse. Il faut se planter du coté de Martinez de la torre, au nord de l’état, se balader dans les rues du pueblo, s’autoriser une “Negra modelo” bien fraiche a un coin de rue. Laisser la grosse au bar t’appeler “gringo”, laisser dire… Il faut suer sous cette humidité constante, et la chaleur écrasante, la raison de cette nature exhuberante. Deanhambuler jusqu’a la quinquaillerie la plus proche, se frayer un chemin dans la jungle de brouettes et de pioches et s’acheter une machette de planteur de bannanes. La grande celle qui tranche dans le babou le plus epais sans bavures. En profter pou acheter l’etuis en peau pour l’accocher a la ceinture et se sentir le roi arthur pret a en decoudre. Il faut se perdre dans cette jungle des la sortie de la ville: bananes ,palmier, cocotiers, bambous, dense. Tailler la route a la machette, en mettre un bon coup dans le premier cocotier. Degager d’un tranchant franc le suculant lait de coco, s’en foutre partout en la buvant…Il faut se faire bouffer par les moustiques, mechament, manger des mangues sur l’arbre. Decouvrir l’arbre a papailles…en passant par des vallées ou coulent une eau critalline.Veracruz comme un pays de cocagne, rempli des fruits les plus sucrés, dans une vegetation dense, intense. Vivante, riche en fleurs, en lezards, en putains de moustiques…
Il ne faut pas en revanche,perdre son temps a faire une virée sur la costa esmeralda…Sauf si on veut se faire une idée des vacances sur une plage apres un desastre petrolier: une foule se roule dans un sable noir et colant, terrifiant, post nuclaire…

