Mexico dans ta face

Photography

Exprimidor: des subtilités linguisiques Mexicaines …

avec 5 commentaires

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Exprime toi Julien ! Je reconnais volontier que ma présence sur le blog se fait plus discrète ces dernires temps. Ce n’est pas le manque d’inspiration qui me garde loin de l’expression wiki  mais bien plutot le travail qui rempli mes jours et souvent mes nuits. Travailler au Mexique. Toute une aventure. Je pensais avoir atteint le paroxisme du micromanagment en Asie, mais j’étais loin de me douter de ce qui m’attendais en Amerique. Celui qui m’a donné la meilleur definition du travail dans ce pays c’est sans doute un ami photographe. nous étions sur sa terrasse il y a peu de temps dans la colonia Roma, un quartier agréable au sud de la Condessa. Un quartier qui fleure bon la bohème. Nous profitions d’une bière bien fraiche un samedi tiede, savourant une ombre bienfaisante. Il me dit ” tu vois, je dois rendre aujourd’hui un reportage. Le “guey” (mec) va m’appeler d’ici une petite heure pour savoir: “que onda?”(ca roule)… Je lui repondrai que j’ai pas tout a fait fini mon travail… en gros le vocabulaire local prend du temps à comprendre. Petit récapitulatif pour ceux qui veulent gagner du temps dans leurs relations professionelles: quand un local utilise le terme “medio” (à moitié) il faut entendre complètement ou absolument. Exemple: “ando medio occupado” (“je suis à moitié occupé”) il faut comprendre “je suis débordé de taf”… puis il enchainera par un “dame chance…” (“laisse moi une chance”) qu’il faut comprendre: “j’ai pas le temps de m’occuper de ca, mais je comprend que ca a l’air urgent pour toi alors je ne veux pas te froisser et je fais comme si j’allais le considerer…” il finira sans doute sa phrase par ” tengo aqui un detaillito”, littéralement “j’ai un petit détail à regler”. Par “detaillito”( petit détail), il faut le plus souvent comprendre en fait que le toit de l’usine vient de s’effondrer… Plus il y a de diminutifs, plus il s’agit d’une catastrophe. Il faut vite comprendre que l’emploi du diminutif est courant (on ajoute un “ito” pour le rendre moins facheux, ou plus acceptable, ou plus  migon…). J’ai remarque que c’est une pratique tres commune dans les couples en particulier: on utilise des petits mots doux pour signifier à l’autre que l’on est pas d’accord: “carino”, (cherie) “amor” (amour) “guapo” (migon), “cielo” (mon ciel) etc… Dans les relations professionelles, on emploi le titre de la personne sur le meme principe: “estimado ingeniero” (cher ingenieur) qu’il faut comprendre comme (putain d’ingenieur de merde tu nous les brises menu). Bref notre ami decrochera le téléphone et fera au pot pourri de reponses habituelles et le terminera par une note d’espoir, un “ahorita” qui laissera entrevoir une solution pouvant aller d’un quart d’heure à trois semaines, selon la motivation. En gros il dira “mira, dame chance, todavia ando medio occupado con unos detailitos, pero te lo mando ahorita”. Son interlocuteur ne sera pas surpris. il repondra par un “entendido, te encargo”. En gros: ” regarde, laisse moi voir, je suis débordé, j’ai perdu la moité des photos du reportage, mais je devrai peut etre arriver a te pondre quelque chose dans la semaine qui vient” a quoi le client repondra ” ok, picole pas trop sur ta terrasse, garde m’en une au frais, et je compte quand meme sur tout pour finir le taf avant noel.” Quelle complexité linguistique! Je pensais qu’apprendre l’espagnol serait une difficulté majeure, en fait il n’en est rien: la difficulté consiste a compredre le sens caché du vocabulaire utilisé ! On est pas loin de l’albour, forme de double sens, en general a caractere sexuel… Tout ca fonctionne merveilleusement bien quand on travaille localement. Tout le monde comprend les regles du jeux. Mais l’hisoire se corse quand on travaille pour des clients Europeens ou pire: gringos (US). Chacun sait que dans la culture nord americaine, un delai est sacré et le dépasser constitue un sacrilège digne des pires punitions. Je me retrouve a travailler au mexique, a profiter du meilleur de ce pays mais pas avec des clients locaux… La pire des situations, puisque le client ne peut comprendre la mentalité locale. Le stress généré est intense et oblige bien souvent a des accrobaties diplomatiques bien inutiles…En espagnol, on dit “exprimir”pour “presser” des oranges…J’arrive souvent en fin de semaine completement épuisé de tant d’efforts et sans la motivation pour “m’exprimer” plus encore…La photo parle beaucoup de ce pays: c’est un presse-agrumes, comme on en croise a tous les coins de rue. Efficasse, mais qui fonctionne a l’huile de coude. Il permet surtout de presser des fruits enormes, que la nature offre a ce pays en abondance, sans dépendre d’energie nucéaire pour presser des oranges… Exprime toi Julien!

Rédigé par mdtf

juillet 19, 2009 à 8:56

Publié dans M e x p a t

5 réponses

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  1. Je confirme l’épuisement qui se prolonge tout le WE…
    Bizzzz Eva

    Julien

    juillet 19, 2009 à 10:48

  2. J’aime beaucoup ce texte. Merci.
    Et la photo aussi.

    LE

    juillet 21, 2009 à 12:53

  3. Olvidaste el “¿qué onda mano? o aún mejor ¿qué onda manito?… (donc, rien à voir avec la main, grande ou petite et un peu plus gentil que “guey”…)

    Un ami m’a passé ton lien, trop bien ton blog!Ce post me touche particulièrement parce que j’ai habité à la colonia Roma pendant 3 ans et j’ai bcp d’amis à la Condesa.

    G.

    août 17, 2009 à 1:56

  4. Hello,
    Tombée ici par hasard et toute retournée!

    Tu as mis les mots graves, lourds, là où j’ai fait le choix de l’humour, pour ne pas inquiéter les proches peut-être, et pour que tout ça existe un peu moins, sûrement.

    Bonne continuation!

    Nomanne

    août 27, 2009 à 3:08

  5. J’habite au Mexique depuis 10 ans (à Monterrey).
    J’adore ton blog. Tu me fais bien rigoler.Tu décris vraiment bien la société mexicaine.
    C’est pas facile pour un Européen de vivre dans ce pays, hein ?!!

    Bonne continuation
    mon blog : realitemexicaine.blogspot.com

    tepepan

    octobre 12, 2009 à 6:51


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