Mexico dans ta face

Photography

Billets taggés ‘hopital

Grippe type A mexicaine: Je soigne ma pneumonie de retour à la maison…

avec 16 commentaires

mdtf-10

Le docteur entre dans ce qui est devenu mon univers depuis 4 jours. 4 jours, 4 murs, une horloge qui égraine les secondes et un crucifix à sa droite. Minimaliste. Le toubib se déplace en permanence avec une troupe de jeunes qui ne disent jamais rien. Il semble régner sur ces sujets qui boivent ses paroles. Étrange. Il se la joue docteur House. Parle peu, veut paraître sur de lui. Il me demande si j’ai mal quelque part. je m’assoie dans le lit. il dégaine son stéthoscope et me demande de respirer. Il écoute vaguement à gauche, à droite… C’est un homme pressé, on peut le comprendre, il en voit de toutes les couleurs depuis une bonne semaine. Il dit ” ouaip…c’est mieux. tu peux rentrer chez toi”

C’est mieux?? ça veut dire quoi c’est mieux? putain. moi je veux pas du “c’est mieux”. Je veux du “vous êtes guéri mon cher” , mais ça c’est trop demander. Il me glisse une bonne dose d’antibiotiques et un chapelet de précieux Tamiflu, tourne les talons et s’engouffre par la porte de la chambre avec toute sa petite coure. Silence. La pompe du cathéter soupire, l’horloge laisse filer quelques secondes nerveusement, et le crucifix s’en moque. 

Je suis tout de même soulagé de quitter cet endroit, pouvoir revoir les miens, même si le papier dit que je ne peux les serrer dans mes bras avant une dizaine de jours. psychose. Je veux juste dormir dans mon lit sans être réveillé toutes les deux heures par des infirmières stressées. Je suis épuisé. Besoin de calme, de lire, de travailler mes photos. Les médias français en mettent une couche sur les élevages de porcs ignobles à Veracruz… C’est là-bas que j’aurais pu attraper cette saloperie ? qui sait, mais je ne peux m’empêcher de garder un excellent souvenir de ces vacances dans cette jungle énorme. Un gros bisou virtuel à tous, celui-là n’est pas contagieux…

Rédigé par mdtf

mai 1, 2009 à 10:09

Publié dans M e x p a t

taggé sous , , , ,

Je teste pour vous: pneumonie en pleine crise de grippe porcine au Mexico DF…

avec 9 commentaires

mdtf-9

Sixième étage. Hôpital,Polanco. Ni une ni deux, je me retrouve a poil, Lit blanc. La radio est pourtant claire mon grand… Tu as une méchante pneumonie. Pas de doutes… Du coup , c’est le déballage de l’artillerie lourde. Le spectre du A/N1H1 plane,les blouses blanches s’agitent.On discute la stratégie, et on administre la totale : antibios et antiviraux…Pour une fois ce fut bref, voire efficace. Sans vraiment comprendre ce qui se passe, me voilà intubé et cloué au lit. Et maintenant quoi? Je n’ai rien demandé moi….

On ne sait pas vraiment. On doit attendre. Ça ne me donne pas beaucoup de grain à moudre. L’ambiance est électrique, ma chambre est mise en quarantaine, on m’exclut. Me voilà tout seul dans le grand huit de mes peurs les plus primaires. Et c’est parti pour un tour, ça va secouer c’est sur ! 

Panique à Mexico. Toutes les écoles ont renvoyé leurs morveux à la maison, les lieux publics sont fermés,le DF devient ville morte. Je regarde la ville depuis mon lit. Impuissant. Le gouvernement semble prendre la chose tres au sérieux. Moi aussi, pour le coup. Putain, qu’est-ce qui va se passer?? Les premières news sont alarmantes, le journal spécial du soir titre : “gripa mortal” Je ne veux pas, mais c’est trop tard. J’y suis et je dois surmonter une angoisse impressionnante, et me taper celle des autres… 

Alors, on pense à la mort. On a envie de pleurer. On se dit que c’est trop injuste. Mais personne ne peut se satisfaire de ça. Heureusement, l’homme moderne a inventé la télévision, et je l’avoue bien volontiers j’ai essayé, de me suicider à la telenovelas. Ça fait passer le temps…éviter de trop gamberger. Que faire d’autre? repasser sa vie? se demander ce qu’on aurait pu faire autrement? On n’est pas dans une comédie américaine, on est dans la réalité.

Heureusement, le téléphone sonne et je reçois des encouragements. J’y suis très sensible, encore envie de pleurer. Rassurer, profiter de ces contacts. Et mes enfants? Ma femme gère comme elle peut la pauvre. Elle est toujours avec moi, toujours. On se sent horriblement coupable alors que paradoxalement on n’a rien fait…Pour les contrôles freak modernes, être laissé sans absolument aucun contrôle sur la situation est la punition ultime. On doit s’y soumettre, et enfin, la perspective et les priorités dans la vie changent. Je pense à mes parents encore plus impuissants de l’autre coté de l’atlantique, à mes frères… Je vous aime tous si fort.

Déjà trois jours que je suis ici. Mon corps me fait mal. Je suis fatigué. Il paraît que je rentre demain à la maison…

Rédigé par mdtf

avril 30, 2009 à 2:56