Billets taggés ‘macho’
Machisme

Relation mère fille.
Le noeud de la complexité des relations familiales mexicaines. Le male représente traditionnellement le pouvoir. Mais jusqu’où s’étend ce pouvoir ? La femme mexicaine semble détenir les clefs de l’amour. Une autre forme de pouvoir puissante, qui place la mère sur un piédestal. L’image de la mère : une sainte asexuée que vénère le macho d’un amour inconditionnel. Rien n’a plus d’importance. Avila Mendez, dans son étude de 1983 chez les paysans mexicains, 96%des femmes et 97% des hommes interrogés sont d’accord avec la proposition : “Pour moi, la mere est la personne la plus aimée au monde”.On ne peut plaisanter avec la mère ! Les telenovelas se régalent de cette ambiguïté, ce jeu de pouvoirs, et exacerbent aussi le rôle du macho à l’extrême… Ce rapport de force semble compliquer sensiblement les rapports familiaux…
Ces quarante dernières années, l’émancipation des femmes a été remarquable, et elles prennent toujours plus de place dans une société traditionnellement dirigée par des hommes. Elles n’ont cependant pas atteint le rôle clef des sociétés asiatiques. Il reste du chemin…Des programmes gouvernementaux diffusent sur les radios nationales des spots surprenants : ”personne ne peut maltraiter une femme…” Étrange slogan qui révèle une violence bien réelle. Une autre campagne incite les hommes à se protéger lors de leurs rapports sexuels conjugaux. Pour éviter que leurs relations extraconjugales, les “amistades” transmettent des MST à leurs épouses… Je ne me vois pas dire a ma femme: “chérie, dorénavant on va baiser avec des capotes, histoire que tu ne te choppes pas la chtouille de mes diverses maîtresses…”
Je conseille au passage l’excellent livre de Rogelio Diaz-Guerrero intitulé “Psicologia del mexicano” (en deux tomes) d’ou il ressort que le mot “machismo” a été inventé Mexico puis exporté dans d’autres langues pour bien sur donner le français “machisme” et a été le sujet de nombreuses études etno psychologiques (Diaz-Guerrero y Pacheco 1994). Je reviendrai sur ce livre qui offre des clefs intéressantes, et une meilleure compréhension d’une société complexe.
Perte de face
Apres quelques annees en Asie, il faut revoir ses fondamentaux. Les comportements sociaux n’ont rien à voir de ce coté du globe. Un mélange subtil d’hypocrisie americaine avec une bonne dose de Chili version telenovelas… La sensibilité est a fleur de peau, et il faut se mefier des compliments trop appuyés: suspect! Ici on ne perd pas la face. On la casse. Prudence avec l’humour au second degré ou le sarcasme, ils sont bien souvent pris au premier degré… ça oblige a des explications sans fin.
Le consommateur mexicain moyen a des gouts plutot classiques. Pas de saveurs trop exotiques ou eloigné de sa culture. Le dress code est ridiculement formel, et renseigne sur le status du porte manteau. On ne rigole pas avec le port de la cravate, meme si elle a des couleurs immondes. Elle est obligatoire. Par respect ils disent. Finalment, il s’agit du societe plutot rigide alors qu’on pourrait s’attendre a plus de liberté avec leur coté nonchalant, et plutot a la cool…
Les parvenus paradent et se la petent plus que nul part, avec tout le mauvais gout qui va avec. Finalement les seuls qui s’en sortent plutot bien sont les mariachis: icones du macho local. La photo en dis long sur ce que pense le saxophone de mes cheuveux sans gel…


