Billets taggés ‘Mexique’
Wang wang Chai
Et voilà, il ne manquait plus que ça…C’est quand mon fils est venu me voir avec ses yeux de merlan frit, et qu’il a commencé à me raconter l’histoire, que j’ai compris que je n’avais pas d’autre alternative que d’obtempérer.
Tu sais quoi papa ?
Non, quoi ?
Ben la chienne de la voisine elle vient d’avoir sept chiots….
damned! j’ai tout essayé : la ruse, le chantage, les menaces, mais rien n’a arrêté la détermination de ce petit garçon. JE veux un chien. La caravane passe… depuis une semaine, nous avons une boule de poil à nourrir et à éduquer. J’avais déjà du mal avec les enfants…
Tout cela ne vient pas sans certains désagréments. J’ai bien failli me retrouver sur le cul en costard ce matin quand je suis rentré dans la cuisine, ou le bébé chien avait bien entendu pris soin de pisser royalement sur le carrelage. Des années de skate se sont avérées utiles pour rétablir l’équilibre. Ça réveille de bon matin. Le petit garçon est aux anges, d’autant plus que les jeux du jeune chiot terrorisent les filles. Dès que le canidé apparaît dans le champ de vision elles montent instantanément sur tout mobilier le plus proche. On rejoue Tom et Jerry sans la souris ni le chat, mais avec le petit labrador qui s’éclate a mordiller tout ce qui passe. Bienvenue à Chai, le retour de wangwang (chien de ayi en Chine) en version destroy mexicaine.
Sous le soleil de Mexico
Transhumances de touristes sur la Costa Brava. On se prépare en Europe au grand chassé-croisé des vacances. Fébrilité à l’approche des bouchons, énervement sur la banquette arrière. Goudron qui colle aux tongs sur l’A7. Il faudra s’armer de patience…
On m’avait dit : “Le Mexique? oh tu vas crever de chaud!… ” Crever de chaud mon cul. Il pleut sans discontinuer depuis deux semaines. Alors, il faut faire face et se dire qu’on est mal tombé. Que ça pourrait être pire, et que je dois sacremenent être déprimé pour bloguer sur la météo… Mais là je dois dire que c’est impressionnant ce soir. Il pleut a verse, et le gentil petit ruisseau qui coule d’aventure péniblement au fond du jardin pollution oblige, est monté furieusement en quelques heures pour se transformer en torrent bruyant. De quoi nettoyer le cours d’eau diront les cyniques . N’empêche on se les gèles. J’écris ce blog collé à la cheminée, et soudain Mexico a des allures de stage d’optimiste aux gênants en Bretagne… Nous serons privés cette année de vacances et de soleil. En plein, mois du blanc, la ville s’est vidée des épouses et les maris épleurés ne se réchauffent sûrement pas au soleil. La vie suit son court. J’embrasse tous ceux qui se lancent sur les routes le coude à la portière, qu’ils profitent pour nous de ces moments bénis sur l’asphalte qui pavent un repos bien mérité.
Je le vois très cru.
Une foule de jouets éparpillés jonchent le sol du salon. Chaque playmobil compte. Ne pas en oublier un, ce sera certainement le préféré qui manquera à l’appel si je me loupe. Mieux vaut ne pas prendre de risques. Comment savoir de toute façon dans tout ce fatras quel jouet est important . Dans le doute, je rassemble la dînette et les peluches favorites, la Barbie qui a perdu un bras et un poney immonde avec sa longue crinière violette. Sans oublier la DS, equivalent adictif du blog version super plombier bedonnant et moustachu. Une sorte de monde imaginaire d’urgence pour kids trimballés depuis quelques semaines d’appartement temporaire en soirée improvisée chez des voisins hospitaliers. Je fourre les habits dans d’énormes valises, mélangeant le tout sans ménagement. Je déteste les valises. Faire les valises est une corvée qui m’a toujours coûté, et ça ne s’améliore pas avec l’âge. Je fais l’impasse sur le pliage des chemises version Nadine de Rodchild, elles arrivent de toute façon invariablement comme si quelqu’un, pendant le voyage, avait pris plaisir à les mettre en boule. Immettables. Fais chier. Ça ne rentre pas. Trop de valises…On traîne tout ça pour se rassurer, je vis depuis deux semaines avec le même jeans, alors que la valise déborde de pantalons. Faut pas chercher. Terminer. Aller dans les détails, passer par la salle de bain, essayer de faire rentrer le rasoir gillette a 18 lames sans bousiller les temesta et la montagne d’imodium. J’adore…le téléphone sonne.
-allo?
-ah bon? bon. ok. Julien je crois que c’est cru!
Ma chérie, on ne dit pas “crudo” (“cru” en français…): on dit “c’est cuit”…
Je raccroche. On n’aura pas le visa pour partir demain. Il faut attendre encore une semaine. m’en fout je dois pouvoir encore tenir une semaine de plus sans me raser ni changer de jeans…
En attendant FM3
Le chef aux cheveux blancs tire sur son cigare.
« -J’aime quand un plan se déroule sans accros… » Avec le sourire satisfait du héro qui a débarrassé la planète des méchants. Sauf que l’on ne peut pas toujours contrôler tout et je ne peux qu’arborer le sourire jaune de celui qui a maîtrisé son plan qu’a moitié. L’agence tous risques c’est du flan, a coté de notre plan…
La maison a été emballée. Verre par verre. Jusqu’à la dernière carte pokemon des gosses. Boris le peintre bosniaque a passé une couche de peinture du sol au plafond. Un numéro celui la. La Bosnie a été remplacée le lendemain par une équipe du Portugal qui a nettoyé les chiottes au cuttips. Le gazon a été tondu, la haie soigneusement taillée. Il ne reste rien. Je n’ai même plus les clefs, l’heureux locataire peut dormir sur ses deux oreilles.
Il reste bien quelques valises, trois mômes et une femme au bord de la crise de nerfs… « Cher Monsieur, nous vous annonçons qu’au premier juin, nous prenons la tangente, bla bla bla, veuillez agréer rien du tout et au plus tard possible ». Bref tous les contrats ont été annulés. Tout ce qui me relie au reste de la planète. Internet, téléphone mobile : annulé …
Vendu le petit cabriolet a ma chère Claire qui malgré ses critiques jubile à l’idée de laisser l’air décoiffer sa blondeur dorée…Vendu mon defender. Mon jouet. L’objet de toutes mes attentions mécaniques. Je suis un SDF ! (Sans Defender Fixe). Sentiments mitigés. Alléger la coquille et se séparer de toutes ces choses matérielles est une expérience cruelle pour un fils de pub comme moi. Heureusement Gig saura quoi en faire. Il est entre de bonnes mains.
Sentiment de dénuement. Lenteurs de l’administration. « Ahorita senor ! ». Pas de FM3. Le graal du travailleur étranger. Quelle connerie. Je dois attendre avec femme et bagages qu’un putain de fonctionnaire décide qu’il a envie de s’occuper de mon dossier dans une obscure administration. Ma vie dépend d’un gratte-papier. Je peux pas le croire. Obliger d’attendre en Suisse dans un appart de fortune (les connaisseurs apprécieront le choix du vocabulaire). Départ en standby donc, un peu comme on attend de prendre le bus, sauf que la, on attend d’exister. Administration de merde.





