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Je teste pour vous: pneumonie en pleine crise de grippe porcine au Mexico DF…

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mdtf-9

Sixième étage. Hôpital,Polanco. Ni une ni deux, je me retrouve a poil, Lit blanc. La radio est pourtant claire mon grand… Tu as une méchante pneumonie. Pas de doutes… Du coup , c’est le déballage de l’artillerie lourde. Le spectre du A/N1H1 plane,les blouses blanches s’agitent.On discute la stratégie, et on administre la totale : antibios et antiviraux…Pour une fois ce fut bref, voire efficace. Sans vraiment comprendre ce qui se passe, me voilà intubé et cloué au lit. Et maintenant quoi? Je n’ai rien demandé moi….

On ne sait pas vraiment. On doit attendre. Ça ne me donne pas beaucoup de grain à moudre. L’ambiance est électrique, ma chambre est mise en quarantaine, on m’exclut. Me voilà tout seul dans le grand huit de mes peurs les plus primaires. Et c’est parti pour un tour, ça va secouer c’est sur ! 

Panique à Mexico. Toutes les écoles ont renvoyé leurs morveux à la maison, les lieux publics sont fermés,le DF devient ville morte. Je regarde la ville depuis mon lit. Impuissant. Le gouvernement semble prendre la chose tres au sérieux. Moi aussi, pour le coup. Putain, qu’est-ce qui va se passer?? Les premières news sont alarmantes, le journal spécial du soir titre : “gripa mortal” Je ne veux pas, mais c’est trop tard. J’y suis et je dois surmonter une angoisse impressionnante, et me taper celle des autres… 

Alors, on pense à la mort. On a envie de pleurer. On se dit que c’est trop injuste. Mais personne ne peut se satisfaire de ça. Heureusement, l’homme moderne a inventé la télévision, et je l’avoue bien volontiers j’ai essayé, de me suicider à la telenovelas. Ça fait passer le temps…éviter de trop gamberger. Que faire d’autre? repasser sa vie? se demander ce qu’on aurait pu faire autrement? On n’est pas dans une comédie américaine, on est dans la réalité.

Heureusement, le téléphone sonne et je reçois des encouragements. J’y suis très sensible, encore envie de pleurer. Rassurer, profiter de ces contacts. Et mes enfants? Ma femme gère comme elle peut la pauvre. Elle est toujours avec moi, toujours. On se sent horriblement coupable alors que paradoxalement on n’a rien fait…Pour les contrôles freak modernes, être laissé sans absolument aucun contrôle sur la situation est la punition ultime. On doit s’y soumettre, et enfin, la perspective et les priorités dans la vie changent. Je pense à mes parents encore plus impuissants de l’autre coté de l’atlantique, à mes frères… Je vous aime tous si fort.

Déjà trois jours que je suis ici. Mon corps me fait mal. Je suis fatigué. Il paraît que je rentre demain à la maison…

Rédigé par mdtf

avril 30, 2009 à 2:56

Le business de l’insécurité

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28 degrés. Une température agréable pour se promener du côté de Polanco. Presidente Masarik. Le rodeo drive de Mexico, Les  champs Elysées de la mégapole. Boutiques de luxe, banques, tout y est… Les grands arbres de l’avenue offrent une ombre agréable aux piétons en cette fin de journée. Plus on remonte l’avenue plus on croise de gardes de sécurité. Ils arborent la tenue complète de GI joe…Le treillis noir est de rigueur, avec dessus le seyant gilet pare balle et la cartouchière… La police semble avoir adopté le même style à la rambo, sauf qu’ils préfèrent patrouiller dans d’énormes voitures dont la sirène se met parfois à hurler. Fusil automatique bien en vue, la main sur leur arme de guerre. C’est agréable, accueillant. Ca ne rassure qu’à moitié. En ce week end de pont du premier mai, la capitale s’est vidée de sa population et probablement de ses criminels du même coup. Ne restent alors à poste devant chaque magasin ou chaque restaurant celui qui a perdu à la courte paille ce week end et à gagner le droit de rester de garde en plein cagnard a protéger la vendeuse siliconée d’un magasin de lunettes. La ville déserte n’est animée que par des agents de sécurité un peu désœuvrés en ce jour de fête du travail. On prend conscience alors de leur nombre et de la dérision de leur tache. Il y a autant de gardes devant un magasin de fringues que devant une banque, indifféremment. D’accord les costards sont vendus à prix d’or dans cette avenue mais quand même… La promenade prend des allures de ville assiégée. Le soleil descend sur l’horizon. Les rares badeaux continuent à se balader tranquillement. 20h30 la nuit tombe vite en ville. Les rues deviennent sombres. Et l’on se demande comme dans le film « I am legend » où à la tombé de la nuit le héros doit se barricader chez lui sous peine de devoir affronter une horde de zombies assoiffés de sang, si l’on doit se mettre nous aussi a l’abris. Arf. Un panne d’électricité plonge le quartier mal éclairé dans une obscurité flippante.  Où sont les zombies ? Ce déballage de force n’inspire aucune sécurité. Mais je me demande si un jour, la violence venait à cesser dans cette ville que deviendrait cette armée de cowboys ? Pas de doute la peur emploie une tranche non négligeable d’agents de sécurité, de grades du corps et de policiers qu’il faudra bien reconvertir en plombiers ou facteurs. On est pas prêt de sortir de l’impasse. Pas de doutes ici l’insécurité paye son homme.

Rédigé par mdtf

mai 7, 2008 à 6:00

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